Le 13 septembre 2008, la SPA et la SFC s'étaient associées pour un colloque portant sur  "L'approche scientifique et comportementale au Profit des animaux." Celui ci se déroulait au Théâtre de Neuilly Sur Seine, salle très agréable.
 

.Caroline LANTY, Présidente de la SPA nous a accueilli avec Thierry BEDOSSA, Président de la SFC.
Le rapprochement de ces deux associations pour ce colloque vient du fait, comme l'a rappelé Caroline, que l'on est arrivé à un point où la bonne volonté des acteurs de la protection animale ne suffit plus. En plus de leur sensibilité, ils doivent tenir compte, mais aussi apprendre, que le bien être animal peut être amélioré par des connaissances scientifiques.  La bonne relation homme/animal repose en effet sur la connaissance de certains principes d'éthologie, ainsi que sur celle des besoins alimentaires et des mécanismes du comportement animal.
La SFC a vocation d'apporter son aide pour une meilleure communication de ces connaissances. Caroline et Thierry ne pouvaient donc que se rencontrer pour un tel séminaire.

Melinda MERCK, vétérinaire et membre de l'ASPCA, SPA américaine, nous avait fait le grand plaisir de venir des Etats Unis spécialement pour nous parler de ce qui existe dans son pays. Là bas la protection animale s'est calquée sur ce qui existe pour nous les "2 pattes" !! Que nous en sommes loin !! Amélia TARZI nous favorisa toute la compréhension de son exposé par sa traduction instantanée de grande qualité. Merci Amélia.
Nous apprîmes donc qu'aux Etats Unis, Melinda a réussi à impliquer les vétérinaires dans tous les processus de la défense animale. Ceux ci amènent leurs connaissances dans l'étude des dossiers de maltraitance et dans l'instruction des dossiers. C'est ainsi que des réseaux de  personnes impliquées dans des combats de chiens ont pu être démantelés, et certains avec des personnes très en vue dans divers milieux.
Melinda a réussi à mettre en place une organisation qui peut être assimilée à ce que nous connaissons dans la police scientifique, disposant de moyens identiques. Elle parcourt et se déplace dans les différents états lorsqu'elle est contactée, en ayant à sa disposition un véhicule doté d'un laboratoire ultra moderne pouvant mettre en oeuvre les dernières techniques pour les recherches les plus modernes. Dans ce cas là ce sont vraiment des techniciens, des enquêteurs, qui opèrent. Ils sont capables de détecter les moindres indices en utilisant les recherches d'ADN et autres analyses si nécessaires. Ce qui auparavant restait inconnu, sans preuve, est ainsi mis à jour.
Merci beaucoup Mélinda de nous avoir permis de connaître ce que vous avez réussi à mettre en œuvre dans votre pays, avec l'aide et la coopération de ces personnes qui ont une connaissance scientifique qui se met au service de la protection animale pour lui fait faire un grand pas en avant. La collaboration avec les diverses autorités est également totale.

Bertrand DEPUTTE nous amena ensuite son savoir immense en éthologie. C'est vrai que le bien être animal passe par la connaissance des espèces et de leurs traits spécifiques. Cela  permet de mettre en œuvre des mesures de bien-traitance adaptées aux différentes espèces. Cet exposé nous rappela l'évolution au fil des siècles de nos espèces et surtout du chien tel qu'il est aujourd'hui prés de nous. Les connaissances actuelles, lorsqu'elles sont prises en compte, doivent nous permettre de développer son bien être, cela quelle que soit l'utilisation que nous en fassions, travail ou tout simplement compagnie. Merci Bertrand de nous avoir apporté ces connaissances.

Sonia ETCHEGARRAY expliqua ensuite comment les neurosciences peuvent être d'un grand apport pour l'identification de la souffrance animale. Un maître peut tout à fait amener du mal être à son animal car il ne détecte pas le stress ou la souffrance que celui ci ressent et ces incompréhensions amplifient les problèmes. Bien des abandons proviennent de ces situations de mauvaises relations qui croissent au fil du temps au sein de ce couple. Ces neurosciences peuvent aussi permettre de gérer des animaux abandonnés par l'observation en permettant de mettre en œuvre des moyens d'actions à leur profit. Les neurosciences peuvent donc permettre de mieux comprendre le comportement de nos animaux, comportement dont nous sommes très souvent responsables par ignorance, et ainsi d'éviter la souffrance.

Thierry BEDOSSA reprit toutes ces interventions pour appuyer sur l'intérêt d'acquérir une meilleure connaissance scientifique des animaux afin que le bien être animal se développe. Il souligna aussi combien l'implication de l'état, quand on voit ce que Mélinda a mis en place aux USA avec son appui, peut contribuer à une meilleure situation dans le monde animal en oeuvrant au côté des associations de protection. Merci Thierry d'avoir rappelé combien tout cela est imbriqué.

Je ne veux pas finir ces quelques lignes sans remercier vivement la SPA, en la personne de sa Présidente Caroline, pour l'accueil qu'elle a organisé pour tous les participants à ce colloque, et qu'elle nous a aussi réservé. Je veux aussi dire un grand merci à Tamara GUELTON qui a tellement œuvré aussi, dans l'ombre, mais combien présente, pour la réussite de ce colloque et nous avait fait préparer un excellent buffet que tous ont pu apprécier en toute convivialité. A bientôt pour un autre colloque aussi réussi.

Yves VENDEVELLE
Secrétaire Adjoint SFC

  Les 28 et 29 septembre 2007 se tenaient les "Premières Rencontres de l'Elevage Canin" à Aymargues sur le campus de Royal Canin qui nous recevait.
 

Le séminaire a commencé, le vendredi matin, par une visite guidée et commentée de l'usine de Royal Canin. Les participants ont malheureusement regretté que celle ci se passe la seule matinée de la semaine où celle ci est en arrêt total de production pour nettoyage complet. Après nous être équipés de blouses et chaussons, et avoir vidé nos poches, la visite commença par tous les labos de contrôle. Cela fut instructif, nous a permis d'obtenir des réponses à des tas de questions techniques et de connaître toute les contrôles ou essais qui aboutissent aux croquettes que nous connaissons. Un merci à nos divers guides.
Cette visite s'est terminée à l'heure de prendre le buffet que Royal Canin, qui s'était chargé de tous les problèmes d'intendance sur place, nous avait réservé. Ce fut surtout un moment de détente par un beau soleil.
L'après midi nous passions à la partie formation que nos intervenants nous avaient préparée avec grand soin.
Yves Demulières, vétérinaire, eut le plaisir de commencer en nous rappelant " les Grands Principes de Médecine et d'Elevage de Collectivités au XXI ième siècle" Son exposé nous permit de mieux comprendre l'importance de la prophylaxie en élevage tant au niveau des locaux que des animaux. En effet les vecteurs infectieux sont nombreux et les deux domaines sont intimement liés. Merci Yves pour tous tes conseils et toutes les solutions que tu nous as donnés.
Grégory Casseleux, vétérinaire chez RC, prit la relève et nous parla de cet "Appareil digestif du chien qui fait des siennes" en nous rappelant comment il est et fonctionne et tout ce qui peut le troubler. Merci Greg de nous avoir mieux fait comprendre le mécanisme qui aboutit à ces diarrhées, constipations et vomissements et leurs causes. La journée se termina par la visite d'une cave, région oblige, les Vignobles Charles Guitard, où nous eûmes de nombreuses indications très intéressantes sur la vinification lors de la visite du chai. Une agréable dégustation s'en suivit et lors du départ nous reçûmes en cadeau un assortiment de 3 bouteilles en souvenir à déguster à la maison. Merci à ce vignoble de son chaleureux accueil.
Le samedi matin commença avec Gaëlle Leroux et Olivier Sarret, des laboratoires IDEXX, qui nous informèrent de l'apport bénéfique du laboratoire dans les détections de toutes les "Pathologies Digestives". Cela nous permit de connaître les tests envisageables et les dernières nouveautés à notre disposition, comme le test rapide de détection de gardia. Merci à
vous deux pour toutes ces informations que vous nous avez données. Ensuite Bruno Polak nous fit un brillant exposé sur les parasitoses digestives en élevage canin, leur prévention et surtout les traitements possibles une fois le diagnostic posé après les observations et les analyses. Merci Bruno.
Maud Henaff nous rappela les bienfaits de la vaccination qui doit concerner tous les chiens de l'élevage et son importance pour les chiennes mettant bas qui transmettent la première protection aux nouveau-nés. Cela nous rappela la distinction entre protection et vaccination.
Merci Maud.
Après la pause de midi, nous eûmes le tandem Anne Marie Le Roueil, éleveuse et Jean Philippe Jaudon, son vétérinaire. Tous les deux nous montrèrent une parfaite entente entre un vétérinaire et un éleveur et nous expliquèrent les bienfaits d'une bonne collaboration pour la bonne marche d'un élevage. Je souhaite à tous les éleveurs d'arriver à établir une aussi bonne entente avec leur vétérinaire que celle qui nous a été décrite et montrée durant cet exposé. Merci Anne Marie et Philippe de nous avoir montré ce qui devrait exister davantage. Serge Pautot, notre éminent avocat préféré, nous fit surtout part d'un des derniers textes du code de la consommation, qui, étant donné que le chien est considéré comme un meuble de par la loi, modifie des choses établies concernant les vices rédhibitoires, ou pas, concernant la vente d'un chiot. Les éleveurs devront se souvenir de ce texte qui va plus loin que le code rural et qui lui donne une possibilité d'action de 2 ans à un acheteur pour tous les défauts dont peuvent être affectés les chiots. Merci Serge d'avoir attiré notre attention sur ce texte si important et méconnu.
Pour finir ce séminaire il y eut des interventions diverses sous forme de table ronde durant laquelle les participants purent avoir d'autres précisions. Notamment Claude Beata , Anne Marie Le Roueil nous firent parts des dernières nouveautés sur la future loi sur les chiens dits dangereux et des nombreuses discussions qui l'entourent au sein des différents ministères
concernés.
Nous eûmes aussi le plaisir d'une visite guidée du chenil de l'établissement qui comporte de très belles installations et de larges parcs d'ébats où les chiens de toutes sont avec des soigneurs. De nombreux chats sont aussi dans une belle chatterie. La nourriture des chiens et
des chats fait l'objet de soins attentifs tant au niveau produits que quantité et composition de façon à surveiller les apports des différents nutriments. Malheureusement le CD promis de ces
installations a été oublié.
Voilà le résumé de ces "Journées Annuelles de l'Elevage" destinées à mieux gérer nos élevages au quotidien.

 
Yves Vendevelle
Secrétaire Adjoint SFC
  Le 23 juin 2007 dernier la SFC organisait une journée thématique sur le mordant sportif.
 

Nous avons profité de la Nationale de Travail du Berger Allemand, du cadre magnifique mis à la disposition pour cette manifestation par la ville de Saint Gervais d'Auvergne avec l'aide du Lycée Agricole.
Nos divers intervenants ont présenté les différentes facettes de ce sport canin pour montrer que c'est vraiment un sport qui peut être également très bénéfique à l'équilibre d'un chien.

Sandrine Pawlowiez nous montra, en particulier, que ce sport demande des chiens non agressifs, qu'il permet de développer ou d'accentuer une relation prévilègiée avec le maître et d'augmenter la capacité d'écoute du chien et son dressage. Ainsi un chien de sport acquière une socialisation  développée envers ses congénères et l'homme, un bon équilibre physiologique, et une résistance à toutes les situations anxiogènes, ce qui lui permet de mieux appréhender son environnement.
Grâce à ce sport l'homme a su développer la puissance de la mâchoire d'un chien  dans un sens de combativité et non de dangerosité. Bien sûr tout cela doit se faire dans le respect des possibilités physiques, de l'anatomie du chien et dans le respect des contraintes mécaniques tant au niveau osseux, dentaires que musculaires On ne peut donc que se féliciter des bienfaits apportés par le mordant chez un chien qui est bien préparé et bien entretenu pour cette activité. On peut faire un parallèle: La pratique du mordant est au chien ce qu'est la pratique d'un sport de combat à un jeune qui a besoin de canaliser sa fougue afin "d'être bien dans sa peau". On constate d'ailleurs ce bienfait lorsque le chien est mis à la retraite et que l'on maintient son équilibre en lui permettant des entraînements "légers" adaptés à son âge et à ses possibilités physiques. Merci Sandrine.

Jean Michel Vedrenne nous a, lui, parlé de ce sport, injustement décrié, en insistant sur ce que l'on recherche comme courage, réceptivité, vélocité et disponibilité chez le chien de sport. Et tout cela aboutit à une stabilité importante chez le chien de sport. Le mordant révèle aussi le fond d'un chien.
Jean Michel nous a fait un brillant exposé sur le déroulement de l'entraînement d'un chien qui permet également de mieux le connaître, de mieux le lire, comme il dit, et donc, en fait, d'en faire un chien équilibré. Ce sport permet également le développement d'une bonne santé physique et physiologique d'un cheptel canin par les possibilités de sélections qu'il offre. Ce fervent amoureux du malinois, a pu tout au long de son exposé, retraçant l'évolution de cette race au fil du temps, que ce soit dans son pays d'origine ou dans les autres, dont le nôtre, montrer que son évolution, basée principalement sur l'efficacité dans toutes les disciplines de mordant, a permis d'arriver à un chien qui est bien souvent le numéro un parmi les chiens de travail.
Cet exposé a aussi voulu insister sur le fait que pratiquer cette discipline, d'avoir un chien apte à arriver au plus haut niveau, ne peut en rien permettre de faire un amalgame avec la dangerosité d'un chien ou d'une race. Je cite là une de ses phrases que j'aime bien et est pleine de bon sens: "Avouez que de nous associer aux chiens dangereux relève de la plus haute bêtise et pourquoi pas taxer les pilotes de F1 de chauffards et les joueurs de football de hooligans ?" Sa conclusion est aussi pleine de bon sens: "Au-delà de la connotation compétitive, il y a une approche ludique dans nos sports canins et je pense qu’une harmonie entre un maître et son chien et sans doute la plus belle des récompenses, non ?"Merci Jean Mie, notre bible du malou.

L'intervention de Bertrand Deputte fut un cours magistral et combien intéressant !! Son exposé d'éthologue, analysant le mécanisme d'apprentissage du mordant et le comportement du chien dans cette activité, a permis à de nombreuses personnes de découvrir des facettes bien souvent inaperçues, mais oh combien intéressantes. Ses explications, avec de nombreux exemples du comportement des animaux dans le développement de leurs apprentissages, comme le chat de Thorndike, nous montrèrent ce que peuvent donner l'inné, l'interaction et l'acquis chez un animal, l'interdépendance de l'individu et de son environnement, l'apprentissage, sous ses différentes formes, et la mémoire, l'habituation, les multiples conditionnements qui sont suivis par les différentes formes de renforcements.
Tout cela  nous a aidés à mieux comprendre comment évoluent bien des attitudes d'un animal et les nombreuses influences. Cette approche nous a permis de mieux découvrir comment l'animal, et donc le chien, apprend. Ainsi il nous a rappelé que "le chien apprend tout le temps et partout, et qu'il est d'une importance fondamentale de porter attention à l'animal et à l'ajustement de ses performances". Merci Bertrand de nous avoir captivés.

Nous nous devions, lors de cette Nationale de travail de BA, de donner la parole à un sélectionneur et utilisateur de BA. Et cela fut fait en la personne de Jean Marc Teulé unanimement connu et reconnu pour sa passion du BA, ses talents de dresseur et de compétiteur, après ceux qu'il a su montrer "dans la toile.
Il nous parla de l'atavisme, de la passion, de la réceptivité de ces chiens de travail qui permettent de friser la perfection dans ces activités sportives. Il nous exposa les divers stades de progression d'un chien dans le mordant, du chien qui apprend à aimer la toile sans toucher l'homme. Il nous montra qu'un chien de sport doit être comme un sportif de haut niveau, avec un physique et un gros mental, car il est aussi un sportif qui mord ce qu'on lui a appris à mordre et qu'on lui laisse mordre, la toile et non l'homme.
Jean Marc aussi insista sur les bienfaits du mordant, par exemple chez un chien peureux chez qui il va détourner l'agressivité vers une morsure ludique. Cela va permettre chez ce type de chien, qui de ce fait peut s'avérer potentiellement dangereux, de canaliser son agressivité. Et une fois encore, il a souligné combien, dans toutes ces disciplines de mordant, l'obéissance au maître était primordiale. Sans elle il est impossible de progresser et d'avoir de bons résultats dans ces disciplines. Cela ne peut que montrer combien ces chiens de sports sont justement moins "dangereux" que bien des chiens qui n'ont pas eu ces entraînements. Et Jean Marc a fini son exposé en relatant combien la sélection des malinois, qui avait su canaliser l'agressivité qui existait il y a 25 ans, a permis d'aboutir au chien si apprécié pour ses qualités dans des services comme l'armée, les douanes, la police. Bel hommage d'un grand utilisateur de BA envers une autre belle race !!  Merci Jean Marc et je prends ta dernière phrase pour finir:

" Malheureusement il manque une grande communication pour valoriser l'image du mordant sportif ".

Je veux, à la fin de ce compte rendu, remercier, au nom de la SFC, le Lycée de Saint Gervais d'Auvergne, ses responsables et ses élèves, Francis Reuther Président de la SCBA et ses bénévoles, Royal Canin avec Patrick Pailhas, de nous avoir soutenus et accueillis lors et pour la réalisation de ce colloque. Merci aussi à Alain, à Claude, à Franck, à Jean Jacques "chienplus.com" de votre soutien.